Il y a des lieux que l’on croit connaître parce qu’on les traverse souvent. Et puis, un jour, on décide de les regarder autrement. Appareil photo en main, j’ai voulu redécouvrir Beuvry à travers mon regard de photographe, en m’attardant sur ce que l’on ne voit pas toujours : la lumière, les reflets, les lignes, les équilibres, la géométrie.
A commencer par ,
L'église Saint-Martin
On ne voit qu'elle à Beuvry ! Elle surplombe toute la ville, placée sur une colline, et je ne cesse de chercher un joli point de vue pour la capturer à travers mon objectif dans un angle différent. Le meilleur que j'ai pu trouver est sans aucun doute celui depuis la rue Henri Lefebvre. Objectif 200mm monté sur le boitier, le soleil prêt à se coucher, je n'avais plus qu'à déclencher ! Sur l'une d'entre elles, j'ai pu m'aligner pour l'avoir dans l'axe et en faire une image symétrique, le clocher aligné face 3 toitures.
Ne vous êtes vous jamais fait cette réflexion ? Nous qui ne bâtissons désormais que des bâtiments cubiques, remplis de béton, moches ! Comment nos ancêtres pouvaient créer d'aussi jolies oeuvres, et comment avons nous pu glisser jusqu'à aujourd'hui à faire des constructions aussi basiques, et banales ? . Je vous invite à vous arrêter devant ses vitraux si vous ne l'avez jamais fait . C'est bien plus qu'une fenêtre, c'est une oeuvre ! Et forcément, l'appareil en main j'ai voulu la capturer. Chose pas simple ! Car la photographie ce n'est pas juste déclencher pour capturer une scène. C'est aussi savoir isoler un sujet pour en capturer l'essentiel sans élément perturbateur autour. Forcément, un vitrail de cette taille est compliqué à isoler.
Bellenville
 
Ma balade commence du côté de Bellenville, un endroit paisible où l’eau occupe une place centrale. Très vite, ce sont les reflets qui attirent mon regard. La surface presque immobile transforme le paysage en un miroir naturel. J’en profite pour jouer avec ces doubles images, en recherchant des symétries naturelles. Je cadre volontairement de manière à placer la ligne de séparation entre le réel et son reflet au cœur de la composition. Ce type d’image m’a toujours énormément attiré : il brouille la frontière entre haut et bas, entre ciel et terre.
Arrêtons-nous sur ces 2 maisons, aux abords du plan d'eau . Prise de vue un samedi d'Octobre. L'automne.... Il était 7:00 du matin. J'étais à la base levé pour aller chercher un lever de soleil. Rien à faire, le ciel était trop couvert pour ça ! Drappé d'une épaisse couche de nuages blancs. Ca ne m'effraie pas, L'eau était calme, je pose le trépied pour aller chercher une jolie symétrie de ce paysage aux contours blancs, au beau milieu de ce silence matinal.
J'opterai pour une pose longue de 15 sec afin de lisser le plan d'eau. Et choisirai une ouverture à F/8 pour aller chercher tous les détails dans les arbres en arrière plan. L'automne est vraiment propice à la photographie de paysage. Cette lumière douce, ces couleurs allant du vert au rouge en passant par l'ocre, moutarde, cuivre, orange,....
 
« Le ciel se reflète dans l’eau, et l’âme se reflète dans le silence. »
Au même endroit , et à différents moments de l'année j'en ferai d'autres. Toujours avec cette volonté d'aller chercher la symétrie. Qu'on ne retrouve pas de façon claire , quand l'eau s'agite avec le vent (Et parce que je n'ai pas fais le choix de la pose longue sur celles-ci). A gauche, la photo sera faites la même journée mais cette fois-ci sans la pose longue. Celle de droite a été prise au printemps. Lors d'une belle journée ensoleillée. Nous sommes au même endroit, mais pour autant aucune des 3 photos ne se ressemblent
J'ai également utilisé cette technique de symétrie en suivant le chemin du halage vers l'ouest (On est plus vraiment à Bellenville mais je voudrais quand même vous les présenter), et on trouve la salle Henri DUEZ pratiquement en face de la base nautique. Dans une symétrie parfaite avec le plan d'eau.
D'ailleurs il suffit de ne pas aller beaucoup plus loin, de traverser la rue, pour une jolie symétrie des arbres devant le club d'éducation canine (On y voit les toitures pyramidales à droite de la photo). Sous un joli coucher de soleil donnant cet effet ciel en feu !
Et en parlant de soleil, voici un autre cliché au même endroit , c'est le canal face à la salle de sport Henri DUEZ, avec un joli coucher levant...
Je m'égare ! Revenons à Bellenville...et son bois...
Il suffit de faire quelques centaines de mêtre derrière les maisons pour découvrir la forêt de Bellenville....un havre de paix ! Croyez-moi !.
"Il y a dans la forêt des bruits qui ressemblent à des paroles." - Jean GIONO
Le port de
Plaisance
 
En continuant mon chemin, j’arrive au port de plaisance. L’ambiance y est différente, plus graphique. Les pontons, les amarres, les coques de bateaux offrent des lignes plus marquées. Là encore, j’ai cherché à utiliser les reflets, mais d’une manière différente : moins parfaite, plus mouvante. J’ai volontairement intégré ces légères déformations, car elles donnent un caractère vivant à l’image.
En revenant vers les bateaux en toute fin de journée, la lumière commence à changer radicalement. Le soleil descend lentement, et avec lui, la palette de couleurs bascule. Le ciel se teinte de nuances chaudes, entre l’orange et le doré, tandis que l’eau et les zones à l’ombre conservent des tonalités plus froides, tirant naturellement vers le bleu.
J’ai volontairement cherché à exploiter cette complémentarité entre le bleu et l’orange dans ma composition. Ce duo de couleurs, opposées sur le cercle chromatique, crée un contraste visuel très fort, mais aussi très équilibré. L’œil est immédiatement attiré par cette tension entre le chaud et le froid, qui donne à l’image à la fois de la profondeur et une vraie sensation de quiétude.
 
« Il n'est personne, aujourd'hui, de vraiment cultivé, pour parler de la beauté d'un coucher de soleil.» — Oscar Wilde
Dans cette image, je n’ai pas cherché à forcer les couleurs, mais plutôt à les accompagner. J’ai composé mon cadrage pour laisser le ciel chaud respirer dans l’image, tout en conservant une place importante aux reflets plus froids de l’eau. Les bateaux créent alors la transition entre ces deux mondes chromatiques, comme suspendus entre le jour et la nuit.
Je ne pouvais pas rater ce moment précis ! On pourrait l'attribuer à une ville qui ralentit, une lumière qui glisse doucement vers le soir, et une scène simple qui devient cinématographique par le seul jeu des couleurs.
Ces 2 clichés ont également été pris pendant l'automne. Au mois d'Octobre de cette année. Le temps était très couvert. Je choisirai donc d'en faire un avantage pour ces 2 scènes au caractère dramatique, choisi selon l'état de ce bateau à l'abandon. Je choisirai une profondeur de champs de f/8 pour récupérer du détail dans les nuages et en arrière plan.
Le Canal d'Aire
En quittant le port de plaisance, on découvre le canal d'Aire. Ce grand canal relie la ville d'Aire-su-la-Lys au canal de la Deûle. Pendant la période hivernal au lever du soleil on peut y découvrir des paysages fantastiques aux couleurs impressionnantes. Avec les reflets sur le canal, c'est le moment propices à de jolis clichés pleins de couleurs douces.
Quand on s'attarde sur la partie proche de notre gare, on y découvre quelques péniches, ici depuis des années, puis cette grande maison et cette passerelle qui amène vers le chemin du halage.
Un très bel endroit, un moment suspendu, dans le calme du canal, des passants remontant le chemin du halage, les quelques sportifs, les cyclistes,.... J'aime beaucoup m'arrêter sur cette passerelle ou même un peu plus loin sur celle qui mène à la prévôté de Gorre. Pour y voir passer le train d'un côté, ou les péniches de l'autre.
le pont Dominique
Traversons de nouveau le passerelle vers la gare pour se diriger de nouveau vers le Préolan.. Nous avons oublié un élément important et connu de la vile de Beuvry. Non loin de la base Nautique et juste avant d'arriver au port de plaisance, on peut voir le pont Dominique.
Un incontournable de la ville de Beuvry. Un Pont-Levis datant des années 30, Situé dans le quartier du Rivage, ce pont-levis faisait autrefois partie des infrastructures permettant de franchir le canal des Mines. À l’époque où les péniches transportaient charbon et matériaux, le canal constituait une véritable artère industrielle. Le pont Dominique, avec sa structure métallique et son mécanisme d’ouverture, participait à cette activité quotidienne qui a façonné le paysage et la vie locale.
Cette photographie a été réalisée tôt le matin, à l’heure où la brume et la lumière rasante transforment les lieux. Le miroir de l’eau adoucit les lignes du pont et des habitations voisines, tandis que les arbres du rivage se reflètent dans une atmosphère silencieuse. Le contraste entre la structure industrielle et la douceur de la lumière souligne ce qui fait le charme du site aujourd’hui : un équilibre entre mémoire et nature retrouvée.